Obéir au Pouvoir

Peut-être avez-vous en mémoire, chers amis lecteurs, ce fameux diptyque de Caran d’Ache, publié en février 1898 dans le Figaro ? Il campe deux moments d’un « Repas de famille » au temps de l’affaire Dreyfus, un avant – « Surtout, ne parlons pas de l’affaire Dreyfus ! » – caractérisé par des convives bien élevés et gentiment attablés, et un après- « Ils en ont parlé ! » offrant le déplorable spectacle d’une salle à manger devenue champ de bataille et foire d’empoignes.

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Malade

Si ma tête et mon cœur s’entichaient de se parer de quelque emblème de noblesse ; si, pour complaire à une telle lubie, ils se mettaient à titiller ma vaine gloire, susurrant de me créer, tambour battant, quelque blason, je le voudrais d’azur, avec comme meuble non point quelque clef, ou crosse ou autre patenôtre mais …un oiseau ! Pas un aigle, ce serait immodeste ! Seulement un de ces oiselets qui ne tiennent pas en place et virevoltent à tout-va, sans rime ni raison.

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A propos du dimanche du pardon

Un fidèle lecteur de ces chroniques, et par ailleurs en conflit avec une
personne de sa paroisse, m’écrivait, peu de temps avant le « dimanche du pardon » : « Eh bien, cette année au moins, la formule rituelle et toute formelle :
« Pardonne-moi et prie pour moi » aura du sens ! » Je mets cette phrase sur le compte du mal-être éprouvé par mon lecteur, car la « formule rituelle » dont parle ce correspondant n’a rien de formelle, rien de superficielle, comme nous le verrons.

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Nous sommes en guerre

Souvenez-vous : c’était au printemps dernier. Souvenez-vous de cette soirée du 16 mars au cours de laquelle nous fut annoncée notre entrée commune dans cette inquiétante ère nouvelle de l’« assignation à résidence » pour tous.

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Dictature et espérance

A la fin du mois d’octobre, le pouvoir exécutif à la tête du pays a annoncé la mise en place d’un second confinement national de la population, de nouveau assignée à résidence comme au printemps, ne pouvant sortir qu’avec son attestation et son masque.

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È Strano ! È Strano !

È strano ! È strano ! » Comme c’est étrange ! Comme c’est étrange ! chante Violetta vers la fin du premier acte de la Traviata. Oui : comme ils sont étranges, ces « confinements » que nous vivons depuis des mois ! Nous ne sommes pourtant pas à l’Opera – chose strictly forbidden ! – Et ce n’est point une femme égarée (traviata) mais bien notre monde qui devient traviato !

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La prison de la santé

Nommons-le Pierre : tôt le matin, le voilà qui s’affuble d’un masque, bien que ce ne soit pas carnaval. Pierre se hâte de faire ses emplettes à potron-minet, en un marché rendu célèbre par Georges Brassens, avant que la chaleur du mois d’août ne devienne suffocante, avant que l’affligeant spectacle d’une théorie de bipèdes grimés en égrotants ne lui refile le virus … de la mélancolie !

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Raison garder

Raison garder… Qu’est-ce à dire ? Dans son sens le plus obvie, cette expression invite à ne pas se laisser envahir par des images emplies d’affects, par des émotions intempestives, ces mauvaises conseillères … En français, notre mot raison forme un doublet avec le terme ration : tous deux dérivent d’une même racine latine : ratio, qui évoque l’idée de peser, de calculer, d’évaluer.

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Du coronavirus en Grand Carême

Aujourd’hui, en ce mitan du mardi de la troisième semaine du Grand Carême entrent en application les mesures législatives communément nommées confinement. Point de surprises : depuis des semaines, les puissances médiatiques nous trimballaient de l’Empire du Milieu jusqu’à la cité des Doges

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