Il soulageait, consolait, encourageait... Il était tout pour tous: pouvant tout dans
le Christ qui habitait en lui par la Grâce du Saint-Esprit. Il était familier des
saints et de la Mère de Dieu, et ceux-ci lui apparaissaient fréquemment pendant la
sainte Liturgie ou dans sa cellule. Malgré les difficultés de la période qui suivit
la première Guerre mondiale, il interdit strictement à ses moniales de mettre quoique
ce soit en réserve pour leur nourriture, mais ordonna de distribuer leurs surplus
aux pauvres, en se confiant au jour le jour à la miséricorde de Dieu. En plus de
toutes ces tâches, Nectaire trouvait le temps de rédiger un grand nombre d’ouvrages
de théologie, de morale, d’histoire de l’Église pour la confirmation de l’Église
de Grèce dans la sainte tradition des Pères, alors souvent ignorée du fait des influences
occidentales. Vivant donc comme un ange dans le corps et faisant briller autour de
lui les rayons de la lumière incréée de la grâce, le bienheureux eut encore à souffrir
calomnies et injustes accusations sur son monastère, de la part de membres de la
hiérarchie. Il supporta ces dernières épreuves avec la patience du Christ: sans murmure
ni révolte. C’est alors qu’il fut atteint d’une douloureuse maladie pendant plus
d’un an et demi. Il rendait grâce à Dieu de l’éprouver ainsi et s’efforça de garder
son mal secret jusqu’aux tout derniers temps qui précédèrent sa mort. Après un dernier
pèlerinage auprès d’une icône de la Mère de Dieu, située non loin du monastère, il
annonça à ses disciples son prochain départ pour le ciel, et fut transféré dans un
hôpital d’Athènes, où, après cinquante jours de souffrances, qu’il supporta avec
une patience qui édifiait tous ceux qui l’approchaient, il remit en paix son âme
à Dieu (le 8 novembre 1920). Les fidèles d’Égine, ses disciples et tous les chrétiens
qui l’avaient approché pleurèrent la perte du doux et compatissant disciple du Christ,
qui, toute sa vie, avait supporté calomnies, persécutions et injustes accusations
en prenant pour modèle la divine Passion de son Maître. Mais Dieu lui a rendu gloire
et, dès son repos, les miracles ont abondé et abondent quotidiennement jusqu’à aujourd’hui
pour ceux qui approchent avec foi de ses reliques ou qui se confient à sa puissante
intercession.
Le corps du saint resta miraculeusement incorrompu pendant plus de vingt ans, en
dégageant un parfum céleste et délicat. En 1953, lorsqu’il fut finalement dissous
selon les lois de la nature, on procéda à la translation de ses reliques et l’on
put constater alors que le même parfum s’en dégageait puissamment. Il n’a pas cessé
depuis de réjouir les fidèles qui s’approchent de ces précieux restes, en leur donnant
l’assurance que Saint Nectaire a trouvé accès auprès de Dieu, dans la demeure des
saints. Son culte a été officiellement reconnu en 1961 et le récit de ses miracles
ne cesse d’être écrit chaque jour. Son tombeau, à Égine, est devenu un des pèlerinages
les plus fréquentés de Grèce.